Aujourd’hui y a pas cours !
Jeudi 15/12/2011 | Posté par Yannis Zébaïr
Aujourd’hui emploi du temps allégé. Les profs en grève. Eh oui l’inspection du bon (ou pas) travail de nos enseignants c’est fini. Yannis nous livre un "Etat des lieux'' peu réjouissant de la vie à l'école...
Dorénavant les profs seront évalués car c’est la crise et il ne faudrait pas que cette entreprise instituée par Monsieur Jules Ferry coule, après tout c’est une économie républicaine vieille de plus d’un siècle que l’école laïque gratuite et obligatoire (et les écoles privés sous contrat =O).
Toujours pour rester dans le management de notre école, entretien tous les 3 ans avec le chef d’établissement, car la fonction publique ça se gère comme une entreprise, surtout l’Ecole. Ainsi, en plus de la subjectivité du «chef» via les affinités qui se sont créés, l’entretien se déroulera dans son bureau et portera, en plus de l’évaluation administrative (assiduité, implication dans les projets de l’établissement), sur les compétences pédagogiques (Au revoir monsieur l’inspecteur :’(). Sans mettre un pied dans la classe ? Easy.
C’est moi qui fais le proviseur. D’accord ?
Capacité à appliquer le programme : vous avez eu les concours difficile pour accéder à l’enseignement mais j’ai dans le regret de vous annoncer que vous n’êtes pas apte pour votre métier.
Bon! Plus raisonnablement. Êtes-vous capable de faire progresser vos élèves? D’accord. Comment évaluer ceci? Car en plus je dois aussi évaluer la capacité à appliquer les réformes et les réformes du gouvernement ne sont pas toujours lucides quant aux intérêts de la nation.
Prenons l’exemple de la réforme récente du programme d’histoire. Comme la précédente, elle partait d’un bon sentiment. Aujourd’hui : dépoussiérer un système qui n’est plus en phase avec les évolutions qu’a subi le métier. Contre hier : un programme d’ouverture contre l’eurocentrisme. Sauf que s’ouvrir d’accord mais notre école ne doit-elle pas véhiculer les valeurs républicaines ? Peut-on ouvrir des débats sur «l’identité nationale» quand on s’attaque à la principale source de cohésion d’une nation? Beaucoup d’élèves d’origine étrangère apprendront, et tant mieux, une histoire de l’Empire du Mali. Mais en échange de grands personnages de l’histoire de France qui auraient pu leur donner des points de repères sur ce qu’est « être Français ».
Alors nos hommes politiques avant de réformer sans connaitre les réalités dans laquelle est la situation devrait communiquer avec les syndicats de professionnels. Alors bien sur, le «décret n’est pas sur le bureau, prêt à être envoyé» on attend de discuter mais on n’a pas l’air prêt de proposer beaucoup de concessions, en vue des critiques qui ont été faites et de la pétition en ligne ayant réuni plus de 60 000 signatures.
Je suis triste. Aujourd’hui emploi du temps pas si allégé que ça entre les fêtes scolaires et les professeurs en «difficultés» financières…
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Réactions des internautes
Jeudi 15 Décembre 2011, 11:50
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En écrivant « dépoussiérer un système qui n’est plus en phase avec les évolutions qu’a subi le métier (…) un programme d’ouverture contre l’eurocentrisme (sic). Sauf que s’ouvrir d’accord mais notre école ne doit-elle pas véhiculer les valeurs républicaines ?» vous résumez bien, dans vos contradictions, la situation puisque les programmes sont sans cesse revus à la baisse au motif, officieux, comme l’a récemment souligné Rama Yade, qu'il faut s'adapter aux enfants issus de l’immigration, ce qui est évidemment antirépublicain puisque cela compromet les chances de réussite de plus en plus d’enfants.
Vos études devraient vous encourager à vous plonger dans une véritable réflexion sur les valeurs républicaines que vous appelez de vos vœux, qui devraient permettre de constituer et de transmettre des bases communes à tous – et ne vous en déplaise l’ « identité nationale », qui est soi dit en passant une notion de gauche, est source de cohésion. Pour vous en convaincre lisez « Faut-il avoir honte de l’identité nationale » de Daniel Lefeuvre et Michel Renard :
http://luette.free.fr/spip/spip.php?article241
On ne crée pas les conditions d’une culture commune et républicaine en supprimant les références à Clovis, Charles Martel, Napoléon (cf l’ouvrage de Dimitri Casali « L’altermanuel d’histoire de France, ce que nos enfants n’apprennent plus à l’école », qui devrait vous interpeller en tant qu’acteur de la vie scolaire).
L’histoire du Mali n’apporte pas de repères particuliers, ni ne permet pas de mieux appréhender le monde dans lequel nous vivons si ce n’est à préparer les esprits à considérer comme inéluctable l’immigration de masse. On n’incite pas les enfants issus de l’immigration à intégrer la communauté nationale en les renvoyant à leurs origines. Le Bondy Blog montre toutes les semaines cet écartèlement, parfois mâtiné de détestation, entre la France et les cultures d’origines, sur fond de relativisme qui est contraire à l’égalité et à la fraternité.
Les réflexions de Natacha Polony et de Malika Sorel sur l’école sont également dignes d’intérêt et nécessaires dans ce débat qui nous implique tous, sans oublier celles de l’enseignante Véronique Bouzou :
http://veronique-bouzou.blogspot.com/2011/12/la-crainte-dun-renforcement-du-pouvoir.html
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