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Back to the roots : l’étape lyonnaise de la marche de l’Egalité édition 2009

Samedi 11/07/2009 | Posté par Mbarka Ben Haj Mohamed

Mardi 7 juillet 2009. Nos courageux « pèlerins » de la Marche de l’Egalité reviennent à la case départ. Anciens et Nouveaux marcheurs sont venus partager avec le public leurs impressions et s’expliquent sur leurs motivations. Retour sur une expérience.

Quand le passé rejoint le présent…ça donne des ampoules aux pieds, un bronzage de rêve et une extrême fatigue. Tous ces à-côtés n’empêchent pas la réflexion de s’installer. Sont présents à la fois Anciens et Nouveaux marcheurs. La séance s’ouvre sur la présentation des anciens marcheurs. Un petit rappel des faits s'impose alors car, force est de constater,  «  que cette marche de 1983 est totalement méconnue des jeunes d’aujourd’hui. On a l’impression qu’une chape de plomb a été posée sur cet évènement. Pourquoi ? » s’interroge Djamel, ancien marcheur.

 Les échanges qui suivent ont tendance à montrer que l’histoire se répète, limite du rabâchage. Preuve en est : le discours de Rafika : «  En parlant avec Fatima, (marcheuse de 1983) je me rends compte qu’on a vécu les mêmes choses, qu’on a eu la même vie. Ce n’est pas normal vu la différence de génération…J’ai le sentiment que le temps est figé en banlieue, que ça n’évolue pas ». La même question revient souvent chez les marcheurs : Pourquoi ?

La jeune femme enchaîne par un discours ému autour de la question de l’identité française. Cela lui parait lourd, qu’encore aujourd’hui des personnes issues de l’immigration, nées sur le territoire français, se sentent toujours mises en marge de la nation, que certains processus mentaux d’exclusion soient encore d’actualité, 26 ans après les évènements qu’ils commémorent…Certaines histoires de beurre et de fromage semblent encore présentes en 2009 alors que, théoriquement, tout ceci devrait être désuet. Une vraie lutte de terroir autour des Appellations d’Origines Contrôlées.

Les Anciens marcheurs portent un regard bienveillant sur ces jeunes. Au grand bonheur du Père Delorme « il y a toujours des hommes qui croient qu’ils vont pouvoir changer la réalité ». Quelque part, l’action qui a vu le jour au début des années 1980 n’est pas été complètement enterrée étant donné ce qu’il se passe aujourd’hui. Toumi Djaida, avec toute la modestie qui le caractérise leur fait savoir que « c’est un petit peu comme se regarder ». Toumi ne regrette pas d’avoir fait ce qu’il a fait mais il nuance « Après la marche, j’ai eu des problèmes. J’ai été battu, emprisonné… ». Il me confie après coup que ça lui a fait plaisir de voir que le premier rang du public était surtout constitué d’enfants et d’adolescents qui n’étaient pas du tout sourds à ce qui se disait.

La marche actuelle ne se fait pas dans le même contexte que sa sœur aînée. Il fallait sortir de la violence qui faisait partie du quotidien des jeunes de banlieue. Selon Djamel, Lyon possédait le Parquet le plus sévère de France et les jeunes vivaient vraiment des situations critiques. 

C’est surtout un travail de mémoire et de prise de conscience qui motive cette nouvelle marche. Nabil Merad a beaucoup appris de cette marche. « Quand j’ai eu connaissance de l’existence de la marche de 1983, j’ai pris une gifle. J’étais loin de me douter de ce que vivait la génération de nos parents. Il n’y a pas que la marche qu’on nous cache. Il y a surement d’autres choses… ». Ces jeunes se sentent comme dépossédés de leur histoire, cette même histoire qui les place comme citoyens français à part entière.

C’est bien ce qu’a compris Fouad Chergui en ayant l’idée de réaliser ce documentaire qui tente d’analyser pourquoi ce passage de l’histoire n’a été qu’un passage justement... Paradoxe de l’histoire, Said Kebbouche, marcheur du cru 2009, s’adresse aux Anciens marcheurs : « J’aurais pu être avec vous en 1983 étant donné mon âge mais je suis là aujourd’hui pour cette nouvelle marche ».

La réédition de cette marche n’a pas eu un très grand écho et parfois sa finalité n’est pas toujours correctement interprétée. «  La plupart du temps, les gens n’étaient pas au courant de notre venue » lance Rafika. Nabil nous dresse un bilan : « L’épisode de Marseille m’a choqué (ndla : Marseille leur a réservé un accueil plutôt froid et mitigé). Nous n’avons pas le même idée du devoir de mémoire. Peu de gens se rendent compte que les maghrébins, entre autres, font aussi l’histoire de France depuis 1830. Au début de la marche, j’étais un fils d’immigré. Aujourd’hui, avec tout ce que j’ai appris, je n’en suis plus aussi sûr, j’ai plus le sentiment d’être Français ».

Le jeune homme insiste sur le fait de devoir rechercher soi-même l’information et de ne pas se contenter de ce que veulent bien diffuser les médias. L’importance du témoignage et la crainte de récupération semble partagée par les Anciens marcheurs : « A Paris, vous allez être reçus par des personnes importantes...Ne vous laissez pas avoir, soyez authentiques, sincères, intègres ».

 

Pour en savoir plus:   

 Articles précédents concernant la marche sur le site du LYON BONDY BLOG :

-Rencontre avec Toumi Djaida

-Pèlerinage : sur les traces d’une égalité manquée

 

Qu’est ce que la marche de l’égalité de 1983 ?

Page du site du GISTI


 

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Mbarka Ben Haj Mohamed -

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Réactions des internautes

paslyon
Lundi 13 Juillet 2009, 10:32
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 je ne sais pas si ce retour dans le passé va bousculer les esprits mais il a le mérite de montrer la volonté et la positivité des ces quelques jeunes qui donnent de leur temps et de leur énergie pour une cause qui leur tient à coeur

bravo!!!!!

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