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Feu Rosa, un quartier made in Brasil

Mardi 09/03/2010 | Posté par Pascale Lagahe

Au Brésil, le logement ne se résume pas qu’aux favelas et aux immeubles ultra modernes des bords de plages. En direct de Serra, dans l’Etat d’Espirito Santo, Pascale nous presente Feu Rosa, l’un des plus grands quartiers d' habitat social du pays.

Feu Rosa est un bairro à part entière. Un quartier populaire devenu, en moins de 25 ans, une véritable ville dans la ville. Fort de plus de 40 000 habitants, il abrite aujourd’hui des dizaines de commerces, lanchonetes (snack), salon de beleza, églises evangéliques mais aussi et surtout des écoles primaires et même, des crèches privées.

Pourtant, à sa construction en 1985, peu d’habitants auraient pu imaginer une telle transformation. Surtout lorsque l’on connait les conditions dans lesquelles le quartier a commencé à s'étendre. Dona Ruth fut l’une des premières à investir Feu Rosa. Elle nous raconte avec amusement et nostalgie ses premières années dans le quartier. “C’était en 1985. A l ‘époque ma famille et moi habitions à Vitoria, dans le Morro de Macaco. Durant l’été, Il y a eu d’énormes orages qui ont provoqué l’éboulement d’un rocher qui a détruit des centaines de maisons et a tué près de 40 personnes. Le gouverneur de l’époque a alors pris les choses en main. Il a relogé les 500 familles à Feu Rosa, dans la banlieue de Serra, une ville voisine, dans des logements sociaux qui venaient à peine d'être construits. Les maisons nous ont été offertes avec, en plus, 5 ans de facture d’eau et d’électricité gratuite.”


 Pour Ruth et sa famille, ce démanagement forcé n’a pas été facile à accepter.  “Au debut, il n’y avait rien à Feu Rosa. C’etait un quartier fantôme. Je devais prendre trois bus pour me rendre à mon travail, soit près de 3 heures de trajet tous les jours. Les habitants ont dû même manifester pour que la ville fasse passer des bus dans le quartier.

Pour developper le bairro, l’état venait de lancer un programme social d'habitat, le COHAB (Companhia de Habitação). Chaque citoyen de l’agglomération pouvait s’inscrire à ce programme, semblable à nos HLM en France. A la seule et notable différence que les locataires selectionnés peuvent pretendre au titre de propriétaire dès le debut de leur retraite ou lors d’un incident de vie comme le décès du père de famille. Lindaura et son mari João, aujourd’hui décedé, ont pu profiter du COHAB. La famille possède une maison de 70 m2 qu’ils ont renovée et équipée au fil des ans. "Nous sommes arrivés au milieu des années 80 et à cette époque nous n’avions qu’un seul voisin ! Aujourd’hui, toute notre rue est habitée.

A Feu Rosa, ne vous attendez pas  à trouver des immenses barres comme dans nos cités made in France. La préference architecturale va aux petites maisons faites de briques, de bois, de tuiles et de tolle qui, avec les moyens et les années, s’etoffent d’un étage supplémentaire. Et si, de prime abord, les logements du bairro ont une allure defraichie, il suffit de passer la porte d’entrée pour s’apercevoir avec quelle attention les Brésiliens décorent leur intérieur. Carrelage nickel, tv dernier cri, meuble neuf, canapé assorti... le tout, le plus souvent, acheté à crédit, le mode de consommation favori des Brésiliens.

Malgrè la convivialité du lieu, Ruth et sa famille regrettent tout de même une chose : la mauvaise réputation qu’a connu le quartier dans les annees 90. “Beaucoup de crimes ont été commis à cause de la drogue et dès que les médias parlaient de notre quartier s’était en mal. Aujourd’hui heureusement Feu rosa est devenu très tranquille. Il y fait vraiment bon vivre", explique Alessandra, la fille de Ruth. 

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Pascale Lagahe -

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Réactions des internautes

Emiliano
Mardi 9 Mars 2010, 18:51
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Une nouvelle rubrique ? Banlieue du monde ?
Pas mal du tout en tout cas ce barrio de Feu Rosa a l'air bien agréable et les gens ont l'air bien heureux de vivre ! ( cf : la photo )
Un super article qui fait voyager et qui sort des sentiers battus ! Le Brésil ce n'est pas que le carnaval et Copacabana ahah !
En tout cas quelle implication de la part du gouverneur les hommes politiques sud américains ne sont décidement pas de la même trampe que les Occidentaux..
En somme un super article qui dépayse juste ce qu'il faut !

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renatooliveira
Mercredi 5 Mai 2010, 23:39
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 'article est très intéressant, très bien préparé.

Répondre -

adri
Dimanche 16 Mai 2010, 15:40
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ravie de ton séjour à Feu Rosa
 Hello,

pour avoir vécu la tragédie du Morro dos Macacos, je peux confirmer que les autorités brésiliennes ont été top! La maison de Dona Ruth a été littéralement éventrée par un caillou de plusieurs tonnes.
A l'époque les "nouveaux" habitants de Feu Rosa ont eu leur maison "prêtée" par l'état. ce n'est que récemment qu'ils ont obtenus les documents de leurs maison et en sont devenus les véritables propriétaires.
Pour info, Feu Rosa est, selon les statistiques, le centre résidentiel le plus grand et le plus habité d'Amerique Latine.  Au Brésil, c'est la région où il y a le plus de personnes payant le IPTU (impot foncier local).
Grace aux développements en matière de transports publiques et immobiliers dans la région, Feu Rosa devient un des quartiers les plus valorisés de l'Etat.
Ceci est un exemple de de ce que peuvent faire les autorités avec un peu de volonté pour aider ses citoyens...notons que dans les années 80 le Brésil venait de sortir de la dictature militaire et affrontait de grandes difficultés économiques.
Tout ça pour dire que Brésil n'est pas  égal à plage, soleil, crimes, favelas et corruption comme relayé par la plupart des médias.... mais si, à solidarité, amour du prochain et bonheur de vivre.

Bravo Pascale pour nous aider à véhiculer une autre image de ce pays si merveilleux. 

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