Gaza Freedom March : des marcheurs lyonnais témoignent
Mercredi 20/01/2010 | Posté par Rafika Bendermel
Fin décembre 2009, la Gaza Freedom March réunissait, au Caire, des centaines de marcheurs. Leur objectif ? Se rendre dans la bande de Gaza pour soutenir les gazaouis, alerter le monde sur leurs conditions de vie et apporter une aide matérielle. De retour d’Egypte, sans avoir finalement pu entrer dans Gaza, des marcheurs lyonnais ont livré à Rafika leur témoignage.
Le 27 décembre dernier, rendez-vous est pris au Caire pour près de 1400 marcheurs, venus des quatre coins du monde. Ces derniers doivent se rendre à Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza, pour tenter par la suite d'aller à la rencontre des Gazaouis. Mais les bus réservés n’arriveront jamais et la nouvelle tombe comme un coup de massue : les autorités égyptiennes interdisent la Gaza Freedom March. « Le gouvernement égyptien savait pourtant depuis septembre que nous allions venir. Il possédait même la liste des marcheurs ainsi que des hôtels où nous allions dormir. » explique Lila, marcheuse lyonnaise et membre de l’association Europalestine.
La réaction des marcheurs français est alors immédiate. « Nous avons décidé d’occuper la rue de l’ambassade de France en organisant un sit-in pour réclamer nos bus. L’ambassade se situant dans une très grande avenue du centre du Caire, la circulation s’est vite retrouvée bloquée. La police anti-émeute est alors arrivée avec un interprète ».
Une grande mobilisation
Des dizaines de policiers encerclent les marcheurs qui se replient sur le trottoir de l’ambassade. Les 1400 marcheurs n’étant pas autorisés à entrer dans Gaza, Code Pink, l’association américaine qui a lancé l’appel cet été, tente alors de négocier avec le gouvernement. Une centaine de personnes est finalement autorisée à entrer. « Les Gazaouis l’ont très mal pris. Ils ont en assez de recevoir des délégations qui rendent visite et qui s’en vont. », note, avec une pointe d’amertume, Lila. Pour Afifa Zenati, membre su Collectif 69, cela reste tout de même positif: « N’oublions pas que les actions menées ont eu un grand écho dans les médias, en particulier dans le monde arabe. Trois cents Français qui campent devant l’ambassade pendant six jours, en plein centre du Caire, ça attire l’attention ! »
Des actions inédites
Le revers rencontré par les marcheurs n’a pas entamé leur motivation. « Certains ont décidé de monter sur la pyramide de Gyseh avec un drapeau palestinien caché sous leurs vêtements. C’était très risqué. Au début, ils se sont même trompés et l’ont mis à l’envers comme on le voit sur la photo.» rapporte Lila. Parmi les autres actions menées, les marcheuses me font part d’une manifestation devant l’ambassade d’Israël, d’un marathon dans les rues du Caire ainsi que d’une marche depuis le Musée national, lieu hautement touristique. « Au départ, il n’y avait pas de contact avec la société civile. Mais comme beaucoup parmi les français parlaient arabe, la communication s’est alors très vite établie avec les Egyptiens qui nous ont réellement soutenus.» ajoute Afifa Zenati.
Encerclés par des barrières
Houda Afsouni, travailleuse sociale à Villeurbanne et engagée en tant que simple citoyenne, se souvient, quant à elle, des conditions de vie particulières des marcheurs français : « Nous étions encerclés par des barrières et cela 24 heures sur 24 pendant six jours avec autour de nous près de 500 policiers. C’était parfois très dur, physiquement et mentalement. Nous dormions par terre sur un trottoir. Les toilettes de l’ambassade étaient le seul endroit où trois cents personnes se lavaient. Mais au bout de trois jours, il fallait montrer ses papiers pour entrer. C’était dur de ne pas craquer ».
Rafika Bendermel
*Voir article : La Marche de Gaza s’organise aux quatre coins du monde.
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Réactions des internautes
Mercredi 20 Janvier 2010, 15:31
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D'autant plus que l'on sait qu'il ne faut rien attendre des politiques qui sont complices de ses crimes contre l'humanité commis tout les jours en Palestine.
Apparement, la solution ne peut venir que des citoyens. C'est pour ça que je soutien la campagne BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanction). Merci au Lyon Bondy Blog de nous informer sur des sujets qui ne sont pas relayés par les médias traditionnels.
Une citoyenne
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