"I’m arab and I’m proud"
Mercredi 24/02/2010 | Posté par Pascale Lagahe et Rafika Bendermel
Hier soir, France 5 diffusait un doc en 3 volets, « Musulmans de France ». Une radioscopie de l’histoire des musulmans en France tout au long du 20 ème siècle. Critique et impressions.
« Indigènes » puis « Immigrés » et enfin « Français »… De 1900 à 2010, l’histoire des musulmans de France a été ponctuée de tragédies, d’espoirs, de courage et de désillusions. Karim Miské, Emmanuel Blanchard et Mohamed Joseph, les réalisateurs de « Musulmans de France », ce documentaire en 3 volets, racontent un siècle de mémoire en croisant intelligemment images d’archives et interviews d’historien, d’imam, de sociologue, de scénariste et sénatrice…
On y (re)découvre les moments clés de l’immigration algérienne, mais aussi marocaine, sénégalaise. De la résistance durant la deuxième guerre mondiale à la marche pour l’égalité et contre le racisme en passant par la reconstruction d’après guerre, les bidonvilles, le mythe du retour, les exactions, les couvre feux, l’indépendance de l’Algérie, la tragédie des harkis, les répressions policières, la misère, les préjugés à l’école, les émeutes en banlieues… 100 ans de combat et de fierté retracé avec beaucoup de justesse, de précision et d’humanité.
A voir ou à revoir sur France 5.fr
Musulmans de France - Extrait 4 (ep3)
envoyé par Phares-Balises. - L'info internationale vidéo.
Critique de Pascale Lagahe
« Ce docu, riche en archives et en témoignages, devrait être diffusé dans tous les collèges et lycées de France ! Moi, Française, née de parents et de grands-parents français, dans les années 80, je réalise qu'on (l’école, la famille) m’a caché cette histoire. Sans doute trop de non dits, de conflits non réglés, d’incompréhension. Du coup, dans mon imaginaire d'adolescente et dans celui de nombreux de mes amis, les musulmans n’existaient pas vraiment. Il y avait les cités et les beurs, comme on disait à l’époque. Des gènes face aux blagues racistes de certains membres de ma famille. Des questions laissées sans réponse. Aujourd’hui, en regardant « Musulmans de France », je réalise toute l’ampleur de cette histoire, de cette richesse, de ces évolutions et de ces discours qui, des années plus tard, ne changent pas et toujours cette même phrase qui se répète comme un écho : « La France est ingrate ». Oui, c’est vrai, je le crois aussi. La France est ingrate et continue parfois de l’être.
Critique de Rafika Bendermel :
"On peut voir qu’il existe plus d’un siècle d’histoire des musulmans en France. Et après on nous demande qu’est-ce qu’être Français ? Connaissant bien cette histoire car je l’ai découverte récemment (il y a tout juste un an) j’ai été surprise plus d’une fois en regardant ce documentaire. En effet, pour la première fois en regardant un documentaire historique, j’ai pu trouver ma place.
Embrasser l’histoire dans sa globalité, c’est faire remonter à la surface toutes ces histoires individuelles, oubliées de la mémoire collective. Les indigènes qui se battaient dans les tranchées ou les maquis, la guerre entre le FLN et le MNA en France, le sort tragique des harkis, le parcage des enfants de l’immigration, moments revisités à travers le prisme de la religion. Je trouve que c’est un remède à la schizophrénie dont sont victimes beaucoup de jeunes des quartiers populaires (moi y compris !), à savoir : qui je suis et où est ma place ?
Néanmoins si je devais reprocher une chose à ce documentaire, ce serait la pratique de la langue de bois. Par exemple le bulldozer que fût SOS Racisme pour toutes les associations de quartier et la récupération de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, c’est une question qui a été posée par Carole Gaessler. Ensuite la campagne ouvertement islamophobe du gouvernement actuel, par exemple Nadine Morano et « le modèle du jeune musulman qui parle verlan » n’ont été que peu abordés.
Je pense que les réalisateurs de Musulmans de France ont fait ce que l’Education nationale aurait dû faire depuis très longtemps."
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Pascale Lagahe et Rafika Bendermel -



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Réactions des internautes
Mercredi 24 Février 2010, 08:17
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La seule faute aux vilains Français racistes, vraiment ?
Pourquoi cette nostalgie d'un pays que beaucoup ne connaissent finalement que peu, et qui en prime est enfoncé dans la dictature, la pauvreté etc depuis son indépendance voire l'islamisation et l'arabisation que dénonçait déjà Lounès Matoub (mais il était Kabyle; je ne sais comment sont perçus les Kabyles, en Algérie: comme de "vrais" Algériens ? ou des Algériens de 2nde zone ? un Kabyle, lui, aura du mal avec le titre de l'article je suppose..).
Certes, des centaines de milliers de Maghrébins ont combattu sous le drapeau français de gré ou de force, plus souvent de force du reste, au cours des 2 guerres mondiales puis en Indo, mais combien d'entre eux ont ensuite combattu contre la France aux côtés du FLN, aussi légitime était ce combat pour l'indépendance ?
Et combien de ces ex-FLN sont finalement venus en masse chez leur ancien colonisateur en fuyant leur pays devenu indépendant ?
Ce n'est pas la 1ère fois que je lis dans un article du BBlog (ou de ses versions) l'emploi du terme "schyzophrénie" utilisé pour désigner ce que ressentent certains immigrés maghrébins.
Certains sont élevés dans la nostalgie du pays d'origine de leur parents, que ceux-ci ont fui, mais ne sont pas vus comme Français en France, et j'imagine pas comme Algériens, en Algérie.
Sacré trouble identitaire.
Et la responsabilité de cette schyzophrénie ne serait-elle donc qu'imputable à ces vilains Français qui les rejettent ?...
Il existe encore des plaies non cicatrisées entre la France et l'Algérie, des non-dit, des incompréhensions; mais je reste persuadé que tant que nombreux seront à être nostalgiques de leur pays d'origine, ils seront toujours vus comme semi-Français voire pas Français du tout.
A mon sens, on ne peut revendiquer son extraénité avec une sorte de fierté exacerbée, tout en réclamant faire partie de la communauté nationale et en accusant les Français d'être vus comme d'éternels immigrés. Il y a à mon sens un choix à faire; choix que d'autres immigrés, pas forçément européens, ont fait.
Après, quand on quitte son pays car menacés de mort, on sait qu'on n'y reviendra plus. Le deuil est plus douloureux, mais cette rupture permet d'aller de l'avant et évite de ressasser le passé.
C'est peut-être différent lorsqu'on vient en France juste pour remplir la gamelle.
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