J’irai manger chez vous
Vendredi 03/09/2010 | Posté par Sofia Azzedine
Spécialiste en art culinaire, Sofia invite les lecteurs du LBB à se mettre autour de la table pour déguster un vrai repas de Ramadan. Bon appétit !
En ce moment, les musulmans font Ramadan. Alors, lorsque l’heure du coucher du Soleil approche, les chorbas (soupes arabes) sont en ébullition, les kabelouz se tartinent de miel, les femmes s’affairent aux fourneaux, les hommes patientent autour des tables, et moi, je m’assois et je m’installe parmi eux.
Durant le mois du jeûne, plusieurs traditions s’enfilent autour des tables. Il y a le verre de lait et les dattes assortis au « BismiAllah » (expression coranique exprimant le remerciement envers Dieu) qui viennent à notre bouche lorsque l’heure tant attendue du repas du soir s'affiche enfin. Il y a la multitude de plats traditionnels que les ventres enviaient tout au long de la journée, confectionnés avec de la poudre d’amour et posés sur une grande table par ces admirables mères. Tous ces entremets auxquels vous aurez pensés pendant la journée sont disposés sous vos yeux impatients.
Avec les baklawas (gâteaux arabes) qui bousculent les bahrir (crêpes arabes) qui s’enroulent et qui s’entortillent aux cotés de ces moukrouds (gâteaux arabes) qui brillent.
Et cette chorba brûlante qui n’attend plus que de traverser notre œsophage juste après la gorgée d’El Ben (lait fermenté) qui accompagne le khobs dar (galettes de pain) avec les tajines. On s'hydrate ensuite avec un verre de Selecto, imitation Coca, avec un café au lait ou un verre de « jus d’orange de pomme » comme on dit là-bas.
C’est également le seul mois de l’année où toute la famille sans exception est réunie autour de la même table pour manger au même moment les mêmes plats. C’est dans cette ambiance conviviale que chaque musulman ressent la même quiétude et le même bonheur lorsque le repas tant attendu fini dans l’estomac.
En plus de cela, j’ai eu la chance cette année (que dis-je, l'honneur !) de tester une autre tradition.
Mes parents m’ayant laissée seule deux nuits durant, je fus invitée chez une amie tunisienne chaque soir. En effet, les hommes célibataires et les jeunes filles n’ayant ni l’expérience, ni le temps pour préparer ce grand repas sont toujours invités chez des membres de la même communauté religieuse pour le repas du soir (le ftour).
Comme si je faisais partie de la famille, on parle de choses et d’autres, je verse du jus dans le verre de mon amie et donne des dattes à sa mère qui me propose plus de couscous à la harissa.
Contrairement à ce que pensent certains, le mois du ramadan ce n’est pas seulement une rude épreuve mais aussi et surtout un grand pas vers la famille et les amis !
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Réactions des internautes
Mardi 7 Septembre 2010, 11:54
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Samedi 2 Juillet 2011, 22:21
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