La chasse aux chômeurs étrangers continue
Lundi 23/02/2009 | Posté par Fouzia Othman
Il n'est pas bon d'être étranger par ces temps qui courent. Après une étonnante perquisition à emmaüs à Marseille, zoom sur une chasse aux chômeurs sans-papier bien ouverte. Une conseillère assedic (pôle emploi aujourd'hui) nous livre son expérience.
Nous entrons de suite dans le vif du sujet. Ma première question est, certes, directe mais essentielle : "Comment contrôlez-vous les chômeurs étrangers ? " - "Eh bien, avec un détecteur de fausses pièces d'identité installé dans nos bureaux et visible par le demandeur" me répond-elle. En effet, pour instruire une ouverture de droits, une pièce d'identité en cours de validité doit être présentée ainsi que les documents liés au travail. Et lorsqu'une pièce non valide est repérée, une procédure de signalement est mise en route. "Le conseiller ne doit rien dire à la personne, tout se fait à son insu. Il transmet la copie du titre de résidence au service des fraudes de l'assedic qui contactera la Police de l'Air et des Frontières".
Elle se rappelle même d'un collègue qui, appliquant la procédure, a permis l'arrestation d'un étranger qui fut menotté à sa sortie de l'Anpe. Face à cette pratique, cette professionnelle n'hésite pas à dire : "moi, je ne me sers pas du détecteur systématiquement et quand je découvre un titre de résidence non valable, j'explique à la personne qu'il vaut mieux pour elle qu'elle s'en aille". Le travail des agents est pourtant lui-même extrêmement contrôlé, le moindre contact informatique sur tel ou tel dossier, les appels téléphoniques... Malgré cela, elle souligne justement : "je suis conseillère, pas policier!". Cette prise de position serait partagée par la plupart de ses collègues.
La conseillère revient sur la très forte contestation et les grèves du personnel, refusant d'appliquer le décret du 11 mai 2007 de la loi Sarkozy sur l'immigration, prévoyant la consigne pour l'Anpe et l'Assedic de transmettre systématiquement aux préfectures la copie du titre de séjour et de travail des demandeurs d'emploi étrangers pour vérification. Pour les syndicats, il s'agissait d' "une chasse aux étrangers ", d' « une nouvelle mission d'auxiliaire de police », de « contrôle qui prend le pas sur le conseil ». Finalement l'Unedic, dont le conseil d'administration est composé de représentants du patronat et de salariés, s'y oppose à l'unanimité, seule l'Anpe n'y échappe pas.
Depuis la fusion des deux organismes, une crainte se profile. Les réticences des agents Assedic risquent de sauter car la fusion se fait aussi dans les procédures. Le système de contrôle de l'Anpe est bien en place et "comme cela a été bien pensé" les partenaires sociaux sont minoritaires au sein du conseil d'administration du tout nouveau Pôle Emploi.
Vous aimerez peut-être
Une matinée au Pôle Emploi
Pôle Emploi : les chômeurs sont-ils vraiment gagnants ?
« Véninov Vivra ! », le combat continue !



S'inscrire pour commenter




Réactions des internautes
Lundi 23 Février 2009, 14:12
Signaler un abus
Il est donc normal dans notre bonne patrie des Droits de l'Homme qu'un patron peu scrupuleux emploient de la main d'oeuvre sous-payée et non déclare, tout ceci pour se faire un max de pognon sur le dos de ces esclaves des temps modernes.
Il est donc normal dans notre bonne patrie des DH qu'un bailleur/proprio logent des pauvres hères dans des taudis miteux, à prix d'or; pauvres hères placés là par de braves gens pseudo-humanistes.
L'Etat et les fonctionnaires tentant de démanteler ces véritables trafics d'êtres humains étant eux considérés comme de dangereux fascistes..
Plus on considèrera l'immigration clandestine comme ce qu'elle est réellement, càd une situation illégale, plus on se retrouvera avec des situations inumaines, et impossibles à gérer: comment reconduire à la frontière une personne présente sur le sol français depus 10 ans; mais qui ne doit la longévité de sa présence qu'à des années d'angoisse, de stress, de mensonge, de complicités diverses?
Enfin, faut-il que je reposte ici comme je l'ai fait sur le BondyBlog le lien indiquant que Mme Taubira, députée de Guyane et très peu à droite, déplorait en 2005 que le chiffre des reconduites à la frontière était "dérisoire" (sic) puisqu'il n'avait été que de 7.500 sur 50.000 clandestins?
Faut-il que je reposte ici le lien indiquant que les Antilles, aux mains du PS, réclamait de l'Etat français qu'il construise un CRA (centre de rétention administrative); qu'il se penche sur le problème de l'immigration clandestine d'une part et qu'il l'endigue d'autre part?
Le problème de l'immigration clandestine n'est ni un débat de droite, ni un débat de gauche; Marchais en son temps voulait déjà stopper net l'immigration (légale).
Ce débat doit être posé, mais forçément quand se rajoute l'émotionnel, toute décision devient impossible à prendre.
Vive l'humanisme!
Répondre -
Lundi 23 Février 2009, 14:13
Signaler un abus
Re:
* qu'un patron peu scrupuleux emploie (...) main d'oeuvre sous-payée et non déclarée** qu'un bailleur loge..
Répondre -
Lundi 23 Février 2009, 18:55
Signaler un abus
Re:
Non, stoplait ne remet pas ton truc sur Taubira. Blanche co t'avait pourtant bien expliqué la différence des situations, il me semblait que c'était clair.Pour en revenir au sujet, imposer la délation aux employés ANPE, c'est franchement dégueulasse, à qui le tour ensuite, enseignants, médecins, employés municipaux ?
"L'Etat et les fonctionnaires tentant de démanteler ces véritables trafics d'êtres humains étant eux considérés comme de dangereux fascistes.."
En dehors d'arrêter les sans papiers considéré comme délinquant ??? Ceux qui vivent de ce trafic (employeur compris) n'ont pas l'air franchement inquiétés.
Répondre -
Mardi 24 Février 2009, 13:34
Signaler un abus
Re:
En résumé, mieux vaut être un Africain, qu'un Caraïbéen: le 1er peut parvenir à poser pied en France et se voit défendu par une nuée d'assoc pro-clandestins; le 2nd se voit rejeté y compris par le parti politique qui d'habitude défend les clandestins.
Mais, mais, n'est-ce pas finalement de la discrimination?
Pourquoi les clandestins constitueraient une véritable nuisance en Guyane, aux Antilles, à la Réunion ou à Mayotte, et seraient une véritable source de bienfaits en métropole?
Pourquoi l'argument "les clandestins prennent le travail des locaux" n'est pas considéré comme raciste dans les terres ultramarines, et racistes lorsqu'appliqué à la métropole?
Ensuite, il est clair que les marchands de sommeil, les patrons verreux peu scrupuleux et esclavagistes ne sont malheureusement que très peu inquiétés. Je suis le 1er à le regretter.
Mais ce n'est pas pour autant que, lorsque je m'aperçois que la personne que j'ai en face de moi est un clandestin, que je ferme les yeux.
Répondre -
Lundi 23 Février 2009, 14:44
Signaler un abus
humanisme contre idéologie
Je n'arrive pas à comprendre le problème!Des personnes demandent pendant des années à entrer en France (et non dans CE... pays avec tout le dénigrement que l'on peut y mettre) et parfois, y arrivent au terme d'un trop long parcours du combattant.
D'autre paient des négriers une fortune pour y arriver en quelques semaines et avec des faux papiers.
Avec ces faux papiers, ou sans papiers après avoir brûlé les leurs, ils touchent allègrement des cotisations sociales, des assedic, sont logés grâce à des associations, touches des salaires pour des emplois fictifs et outrage suprême, risque d'être dénoncés par des fonctionnaires de la république.
Saloperie de République qui protège les citoyens et immigrés honnêtes!
Lyon
Répondre -
Vendredi 19 Juin 2009, 13:20
Signaler un abus
Répondre -
Vendredi 19 Juin 2009, 13:23
Signaler un abus
Répondre -