‘’Laïcité inch’allah’’ : quand la Tunisie flirte avec la laïcité.
Lundi 31/10/2011 | Posté par Laura Tangre
Le documentaire ‘’Laïcité inch’allah’’, réalisé par Nadia El fani est diffusé dans quelques salles françaises depuis un mois. Le film aborde la question de la laïcité, des mœurs d’un pays en pleine ébullition. Laura a pu le visionner durant une séance du festival ‘’Le Maghreb des films’’ au cinéma Comoedia, à Lyon.
Tourné dans l’urgence d’exprimer une volonté forte, celle d’avoir le choix et la liberté d’exprimer sa non-croyance en l’Islam dans un pays arabe, le film donne dès la première scène sa note authentique : on découvre la réalisatrice, impliquée dans la révolution, cherchant à rejoindre les manifestants de janvier 2011.
Or ces premières images d’un peuple prenant son destin en main, les visages de femmes et d’hommes criant leur droit à la liberté sont inévitablement touchantes. Le spectateur, prit par l’émotion de la révolution, est plongé dans l’ambiance du film et des villes tunisiennes.
Le film a été tourné sept mois avant la révolution, puis au cœur de celle-ci. La réalisatrice cherche à questionner les tunisiens sur leur rapport à la religion, et ce durant une période charnière : celle du ramadan. C’est donc par des ellipses savamment montées que l’on passe de la révolution au ramadan, d’un débat exalté à une conversation intime avec des amis.
Malgré son expérience dans le genre documentaire la réalisatrice aborde son sujet de manière passionnelle, et interroge les tunisiens en diagonale. Les partisans pour la laïcité font partie de la sphère des intellectuels, d’une classe sociale aisée, quand les réfractaires font partie du petit peuple. Les points de vue, les contradictions, l’hypocrisie sont très intéressants à observer, mais Nadia El fani semble se battre contre des mœurs plus que pour une idée. On regrette le manque de diplomatie de la part de la réalisatrice pour déchiffrer ce qu’est le principe de laïcité dans un pays comme la Tunisie, le peuple assimilant l’idée à l’athéisme et s’insurgeant contre un modèle de démocratie à la française. C’est là que tout le film prend son sens : comment instituer, durant une telle période que celle qu’est en train de vivre le pays, un sentiment de séparation des mœurs publiques et des mœurs privées, sans agiter le drapeau bien-pensant des démocraties occidentales ? Comment donner à un pays sortant d’une révolution l’élan de la construction de sa propre démocratie ? Autant de questions auxquelles Nadia El fani répond par le militantisme et parfois la provocation quand il faudrait commencer par mettre les individus à égalité, et discuter le sens même d’une démocratie ‘’à la tunisienne’’. Le film passe à côté de son sujet, bien qu’il soit d’une beauté remarquable, il pointe maladroitement les rapports du peuple avec sa religion.
Le film a été diffusé premièrement en Tunisie sous le titre ‘’ Ni Allah ni maître’’, des groupes fondamentalistes ont cherché à empêcher sa diffusion, si bien qu’il n’a été que très peu diffusé. A ce titre Nadia El Fani a reconnu : « Quand le film est passé à Tunis, j'ai regretté d'avoir laissé la scène où l'on me voit déjeuner et boire de la bière en plein ramadan. Ça va loin… Pour un jeûneur, la rupture du jeûne est sacrilège. Pour tous les autres, elle est taboue. A l'intérieur du café, le type qui m'interpelle ne s'y trompe pas en me demandant si je filme “la désobéissance”.
Aussi, et malgré les choix artistiques qu’a fait la réalisatrice, il est important de mentionner qu’elle ne peut plus aujourd’hui retourner en Tunisie. En effet deux membres du parti ‘’Enhada’’ ont déposé plainte contre elle pour apostasie, plainte acceptée par le juge. Ou comment, malheureusement après une telle révolution aussi, la liberté d’expression peut être mise à mal.
Or ces premières images d’un peuple prenant son destin en main, les visages de femmes et d’hommes criant leur droit à la liberté sont inévitablement touchantes. Le spectateur, prit par l’émotion de la révolution, est plongé dans l’ambiance du film et des villes tunisiennes.
Le film a été tourné sept mois avant la révolution, puis au cœur de celle-ci. La réalisatrice cherche à questionner les tunisiens sur leur rapport à la religion, et ce durant une période charnière : celle du ramadan. C’est donc par des ellipses savamment montées que l’on passe de la révolution au ramadan, d’un débat exalté à une conversation intime avec des amis.
Malgré son expérience dans le genre documentaire la réalisatrice aborde son sujet de manière passionnelle, et interroge les tunisiens en diagonale. Les partisans pour la laïcité font partie de la sphère des intellectuels, d’une classe sociale aisée, quand les réfractaires font partie du petit peuple. Les points de vue, les contradictions, l’hypocrisie sont très intéressants à observer, mais Nadia El fani semble se battre contre des mœurs plus que pour une idée. On regrette le manque de diplomatie de la part de la réalisatrice pour déchiffrer ce qu’est le principe de laïcité dans un pays comme la Tunisie, le peuple assimilant l’idée à l’athéisme et s’insurgeant contre un modèle de démocratie à la française. C’est là que tout le film prend son sens : comment instituer, durant une telle période que celle qu’est en train de vivre le pays, un sentiment de séparation des mœurs publiques et des mœurs privées, sans agiter le drapeau bien-pensant des démocraties occidentales ? Comment donner à un pays sortant d’une révolution l’élan de la construction de sa propre démocratie ? Autant de questions auxquelles Nadia El fani répond par le militantisme et parfois la provocation quand il faudrait commencer par mettre les individus à égalité, et discuter le sens même d’une démocratie ‘’à la tunisienne’’. Le film passe à côté de son sujet, bien qu’il soit d’une beauté remarquable, il pointe maladroitement les rapports du peuple avec sa religion.
Le film a été diffusé premièrement en Tunisie sous le titre ‘’ Ni Allah ni maître’’, des groupes fondamentalistes ont cherché à empêcher sa diffusion, si bien qu’il n’a été que très peu diffusé. A ce titre Nadia El Fani a reconnu : « Quand le film est passé à Tunis, j'ai regretté d'avoir laissé la scène où l'on me voit déjeuner et boire de la bière en plein ramadan. Ça va loin… Pour un jeûneur, la rupture du jeûne est sacrilège. Pour tous les autres, elle est taboue. A l'intérieur du café, le type qui m'interpelle ne s'y trompe pas en me demandant si je filme “la désobéissance”.
Aussi, et malgré les choix artistiques qu’a fait la réalisatrice, il est important de mentionner qu’elle ne peut plus aujourd’hui retourner en Tunisie. En effet deux membres du parti ‘’Enhada’’ ont déposé plainte contre elle pour apostasie, plainte acceptée par le juge. Ou comment, malheureusement après une telle révolution aussi, la liberté d’expression peut être mise à mal.
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Réactions des internautes
Mardi 8 Novembre 2011, 00:07
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Un peu de lecture pour resituer les choses :
http://ripostelaique.com/putain-et-jen-suis-fiere.html
Haut les coeurs mesdemoiselles !
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Vendredi 11 Novembre 2011, 19:38
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Re:
Merci pour cet article intéressant et objectif Laura !Amélie, tu postes un lien douteux qui nous amène sur un blog politique qui semble défendre Marine Le Pen et la victimiser :
http://ripostelaique.com/ruquier-ose-amalgamer-marine-le-pen-et-croix-gammee-il-faut-le-virer-du-service-public.html .
Cela nous éclaire peut-être sur ta posture : La laïcité de Mme Le Pen ou l'art d'utiliser le principe moderne de la laïcité pour stigmatiser les musulmans au profit d'un intégrisme patriotique et traditionaliste. Quelle ironie !
A quels intégristes Nadia El Fani aura t'elle affaire en arrivant ?
Répondre -
Samedi 12 Novembre 2011, 15:57
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Re:
Bonjour Aliocha,L'article que vous pointez fustige un amalgame douteux entre M. Le Pen et les nazis, ce qu'à l'évidence elle n'est pas et la caste journalistique et artistique censée défendre une certaine objectivité et la liberté d'expression mais qui accepte avec complaisance que des électeurs soient insultés gratuitement. Alors qui est stigmatisé ? A-t-on le doit de traiter de gros c.ns ou de fils de p.te les gens qui ont voté pour le parti islamiste tunisien et vont ainsi conduire leur pays à la régression ? Eux sont plus dangereux que les électeurs FN qui n'ont souvent que le vote pour exprimer leur ras-le-bol. Une laïcité ferme est préférable au prosélytisme religieux quel qu'il soit.
Répondre -
Samedi 12 Novembre 2011, 20:54
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Re: Amélie ?
"et vont ainsi conduire leur pays à la régression " Mais qu'en savez vous ?? Le monde pense ça aussi après le quinquénat de Sarkozy, alors svp, pas de palmares de qui est le plus dangereux, l'actu nous démontre le contraire en matière de raisonnement simpliste !Répondre -
Dimanche 13 Novembre 2011, 10:32
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Re: Amélie ?
Lu sur El Watan dans un article publié ce jour :Répondre -
Jeudi 17 Novembre 2011, 09:35
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Re: Amélie ?
Les masques tombent progressivement.Hamadi Jelabi, d'Ennahdha, pressenti pour devenir le futur premier ministre de la Tunisie, est au coeur d'une vive polémique suite à un discours qu'il a tenu à Sousse.
Dans ce discours, ont été évoqués Jérusalem/Al Qods, et le fait que la Tunisie deviendrait le 6ème califat
http://www.gnet.tn/revue-de-presse-nationale/tunisie-hamadi-jebali-sexplique-sur-le-6eme-califat/id-menu-958.html
Jelabi hurle depuis au complot, martèle que ses propos ont été sortis de leur contexte.
Les partis Ettakol et CPR expriment leurs craintes - il me semble que le CPR veut s'allier avec Ennahdha ? - et refusent d'entendre parler de 6ème califat, préférant la 2ème République.
http://directinfo.webmanagercenter.com/2011/11/16/entre-la-2e-republique-et-le-6e-califat-on-ne-sait-plus-quoi-et-qui-croire/
Autre polémique, qui survient de la bouche de Souad Bederrahim, la candidate non-voilée d'Ennahdha, qui était censée conférer un visage moderne à ce parti islamique/islamiste.
En effet, dans un discours, elle a fustigé les mères célibataires, parlant carrément d'« infâmie pour la société arabo-musulmane tunisienne »; arguant que ces pécheresses (!!) n'ont « éthiquement pas le droit d'exister »
http://www.tuniscope.com/index.php/article/10155/actualites/tunisie/souad-184612
Voilà donc le parti pour lequel ont voté de nombreux Tunisiens de France.
Répondre -
Jeudi 17 Novembre 2011, 16:38
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Re:
La chasse aux sorcières a commencé : le directeur de la chaîne de télévision qui avait diffusé Persepolis est poursuivi pour "atteintes aux valeurs du sacré".http://www.lemonde.fr/tunisie/article/2011/11/17/ouverture-en-tunisie-du-proces-du-patron-de-la-chaine-qui-avait-diffuse-persepolis_1605299_1466522.html
Répondre -
Dimanche 13 Novembre 2011, 12:59
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Re: mauvaise foi
Bonjour Youne,Il n'est pas dans mes habitudes d'emprunter le pseudo d'une autre. Le relativisme que vous exercez sur un ton agressif se rapproche de celui de Lilou ;-) Si le but est d'entraver toute discussion comme tout démago qui se respecte, vous avez gagné. Il y a d'autres lieux pour échanger, je vous laisse, c'est 'heure de l'apéro ;-)
*Baille*
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