Les Gratte-ciel ou l'histoire des juifs de Villeurbanne
Mercredi 19/05/2010 | Posté par Alesson Souza
Alesson nous fait découvrir l'histoire de la communauté juive de Villeurbanne, la plus importante de la région Rhône-Alpes...
Les Gratte-Ciel, c'est un peu le symbole de la ville de Villeurbanne. Conçu dans les années 30 pour palier au manque de logements sur la commune, l'ouvrage, ultra-moderne pour son époque, avait aussi été imaginé pour affirmer l'identité de Villeurbanne face à la grande voisine dévoreuse : Lyon.
Ce que très peu de gens savent c'est que les soixante-cinq mètres de marbre ont été la principale raison de la venue de la plus grande communauté juive de la région Rhône-Alpes. « L'époque de l'achèvement des Gratte-Ciel coïncide avec celle de la fuite des juifs allemands chassés par les nazis. Une partie de ces juifs allemands persécutés sont alors venus s'installer en Rhône-Alpes », témoigne Francine Kahn, fille de juifs allemands arrivés à Villeurbanne à cette époque-là.
La communauté juive prend peu à peu ses marques et s'intègre dans la vie municipale. En 1964, avec l'aide des protestants et des fonds provenant d'Allemagne, la « Synagogue de la Fraternité » est inaugurée. Ce sera la toute première synagogue de Villeurbanne. 40 ans plus tard, à la sortie de cette même synagogue, je rencontre Samuel, 25 ans, étudiant en Histoire. « Villeurbanne a toujours eu une tradition d'accueil des immigrés, mais c'est vrai qu'il y a un accueil spécial, si l'on peut dire, avec les juifs car c'était la première population étrangère à occuper des postes au sein de la municipalité et une grande partie du quartier de la mairie (ndrl Gratte-ciel) est habitée par des juifs. Villeurbanne s'est même jumelée dans les années 70 à une ville israélienne(Bat Yam) ».
Quelques décennies après la venue des juifs allemands, une nouvelle communauté juive arrive en France : les sépharades. « A cette époque, tous les juifs ashkénazes, c'est-à-dire venus d'Allemagne ou de l'Europe de l'Est, étaient soit morts , soit partis vivre en Israël comme mes parents. Leurs fils, des jeunes très diplômés, ont décidé eux aussi de vivre ailleurs. Ensuite, après la Guerre d'Algérie, une nouvelle communauté juive, les sépharades, est venue vivre à Lyon. Ils se sont installés à la Duchère, à Saint-Fons, ils ont créé leur propre synagogue. Il y a eu aussi une immigration des juifs polonais qui se sont installés après guerre. Et sans oublier la communauté juive française.", précise Francine.
Des incidents antisémites dans la banlieue vont bouleverser et changer encore une fois l'histoire de la communauté juive à Villeurbanne. « Certains juifs qui habitaient en banlieue ont été victimes de l'antisémitisme. C'étaient des juifs religieux, différents de mes parents. Ils ont alors décidé de quitter ces quartiers. Une partie est allée en Israël et une autre partie s'est regroupée à Villeurbanne. Ça date des années 80-95. »
Rapidement, cette nouvelle communauté juive sépharade a construit son propre mode de vie. Des supermarchés, des boucheries cashers (inexistantes à l'époque des parents de Francine), des écoles. Sans parler, bien évidement, de la synagogue qui a été reprise. Francine, qui s'auto-déclare laïque, «athée, même si cette histoire fait partie de moi » dénonce un judaïsme assez radical et intégriste présent actuellement à Villeurbanne.
«Malheureusement, on voit de plus en plus la croissance des nouveaux sectarismes dans les courants religieux qui se développent pour un tas de raisons sociologiques, politiques, des sectes, soit dans le judaïsme, soit dans l'islam. En France, nous avons la chance d'avoir une école laïque et républicaine. Pour des enfants d'immigrés comme moi, ça a été une source d'intégration extraordinaire.. », me confie Francine.
Marilène, habitante des Gratte-Ciel, athée, me livre son regard sur la communauté juive villeurbannaise : « Je ne saurais pas vous dire pourquoi les juifs se sont installés dans le quartier, cependant je dirais que les jeunes sont beaucoup plus ouverts que leurs parents, même s'il y en a beaucoup qui restent entre eux, parce qu''ils vont au même lycée (juif). Par contre, je vois de plus en plus de jeunes juifs avec d'autres jeunes non- juifs. Cela n'existait pas il y a 10 ans ! ».
Il y aurait environ 10 milles juifs dans la région Rhône-Alpes. Sa grande majorité vit à Villeurbanne et ce sont des juifs sépharades.
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Réactions des internautes
Jeudi 20 Mai 2010, 10:08
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Elle résume tout à fait ce qu'il se passe actuellement (communautarisation) non seulement en France mais aussi dans le reste de l'Europe, depuis les pays scandinaves jusqu'en UK, en passant par la Belgique, l'Allemagne ou les Pays-Bas.
En revanche, à mon sens, ce sont les parents les premiers qui doivent amorcer la démarche de l'intégration voire de l'assimilation (mais l'assimilation semble être un crime contre l'humanité, dixit Erdogan il y a quelques semaines au Zénith de Paris alors qu'il s'adressait à la communauté turque de France...).
L'intégration doit nécessairement être une initiative partant des immigrés eux-mêmes - avant que ça ne hurle, je précise que je suis moi-même immigré, naturalisé - et non un vague concept subi.
Cela dit, dans le cas de familles réticentes à s'intégrer - à commencer par savoir parler la langue du pays d'accueil - l'école permet effectivement aux enfants de s'intégrer.
Même si cette intégration est ensuite détruite par les parents, qui eux élèvent leurs enfants dans la nostalgie du pays d'origine, dans la culture du pays d'origine.
On se retrouve plus tard avec des ados ayant le « derrière entre 2 chaises » pour rester poli, écartelés entre 2 cultures, 2 pays.
S'il leur a été en prime martelé qu'être Français était la honte au regard des crimes commis par le passé par l'Etat français, ils se crééent une fausse identité parfois mélangée à un radicalisme religieux.
A propos des juifs polonais, les juifs d'Europe subissaient de la part de l'Eglise catholique un véritable racisme puisqu'ils étaient cantonnés à des corps de métiers considérés comme dégradants (finance notamment, à cause des prêts avec intérêts), contraints de porter la rouelle bien avant l'étoile jaune de sinistre mémoire, comme on dit etc.
Les rois polonais, pourtant catholiques, les avaient fait venir dans ce qui allait devenir la Pologne, et les juifs avaient formidablement contribué à l'essor économique et culturel de la Pologne.
Napoléon, certes connu pour sa politique expansionniste meurtrière ou la réactivation de l'esclavage, avait découvert en Italie des ghettos de juifs, les en avait extraits, leur avait accordés la citoyenneté en contrepartie de leur assimilation.
Mais en 1815 lorsqu'il fut battu, l'Eglise catholique a replacé les juifs dans des ghettos...
Répondre -
Jeudi 20 Mai 2010, 10:48
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Re:
Merci pour ce petit retour dans le passé ! Je comprends mieux maintenant cette forte présence de juifs à Villeurbanne.Répondre -
Vendredi 21 Mai 2010, 19:42
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Il est facile de dire que l'assimilation est le medicament du symptome du renfermement communautaire, comment peut on s assimiler a des valeurs qui peuvent etre celles de ces immigres mais qui souvent ne sont pas respectée par les residents de longue date? lorsque ces personnes immigrées parlent le francais avec un fort accent, et qui se font alors traités comme des moins que rien, du fait de leur accent, et qu'ainsi on ecoute pas ce que les immigrés on a dire
la 1ere generation n'a rien dit, a inscrit ses enfants dans l ecole francaise, cest dans cette ecole et celle de la vie que commence d ailleurs le racisme que ces enfants subissent.
mais il ne faut pas non plus rejetter le modele francais (desfois non utilisé pas les nationaux...) au contraire il faut utiliser les droits francais, et l education et la langue francaise recue pr se retourner contre ces personnes qui causent le renfermement des communautés étrangères
combattre le mal par le mal, de manière non violente evidemment....
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Vendredi 21 Mai 2010, 20:14
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Re:
Personne a parlé d'assimilation comme vous dites. Mme Kahn a dit qu'il faut un partage entre cultures, une apprentissage. Au lieu de rester dans un coin avec des gens qui parlent une seule langue, qui ont qu'une vision du monde, pourquoi pas se mélanger ? connaître ce beau monde qui s'appelle l'AILLEURS qui chacun de nous en porte un !Il ne faut pas exagerer en disant que les gens se moquent des accents. Certes, il y a des racistes, mais ça il y en a partout. Il vaut mieux se mélanger, connaître l'autrui à s'enfermer dans une religion qui prône la haine contre la raison, la femme, le libre esprit... bref...
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Vendredi 21 Mai 2010, 21:23
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Re:
Comme si seuls les immigrés avaient des accents curieux..Que dire des alsaciens, des chtis, des occitans, des provençaux, des corses, des savoyards, des antillais ou des polynésiens, aux accents fleurant bon des régions pourtant françaises et qui régulièrement voient leur accent un peu moqué ?
A partir du moment où un immigré ne manifeste pas son désir d'intégration/assimilation et veut rester un étranger, avec sa culture, ses traditions etc, il est incohérent qu'il joue les victimes en pleurnichant de ne pas être considéré comme un Français...
Un Français peut être blanc, noir, jaune, typé arabe ou latino; chrétien, athée, juif, musulma, bouddhiste ou protestant; il est vu comme Français s'il parle français, respecte le socle commun, apporte sa petite touche culturelle, sans chercher à l'imposer et sans cracher sur le pays d'accueil, s'il est naturalisé.
Répondre -