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Nour, 70 ans, Français sans papiers

Lundi 25/01/2010 | Posté par Pascale Lagahe

Né à Djibouti, Nour Ibrahim Mohammed a récemment été « invité » par la préfecture du Rhône à quitter la France. Ce dernier possède pourtant un passeport et une carte d’identité française. Un nouvel imbroglio administratif qui risque de faire perdre à Nour tous ses droits. Explications.

« Décision de refus de séjour assortie d’une obligation de quitter le territoire français ». Deux jours avant Noël, Nour reçoit une lettre recommandée sans équivoque de la préfecture du Rhône. Un coup de massue pour ce Français natif de Djibouti, qui, du haut de ses 70 printemps, continue son activité de cableur électricien dans une entreprise de Vaulx en Velin.  Malgré son dynamisme et son sourire à toute épreuve, Nour n’en revient toujours pas.

« Je n’ai pas dormi durant deux nuits suite à ce courrier. » Le choc d’abord, puis le stress.  Comme pour exorciser cette nouvelle, l’homme qui « n’imagine pas encore prendre sa retraite » me raconte minutieusement son histoire.  « Je suis né en 39 à Djibouti alors que le pays était encore un territoire français. J’étais donc Français. »  Il me tend son passeport français, aujourd’hui périmé et me montre tous ses documents rangés avec soin dans une chemise plastifiée.  «  Au début des années 60, j’ai choisi de partir travailler en France, à Lyon précisément. » Ce fils d’ancien combattant de l’armée Française, est rejoint par son épouse quelques années après.  « Malheureusement, ma femme n’est pas parvenue à s’acclimater. Elle avait le mal du pays et a décidé de repartir à Djibouti. Je suis donc resté seul à Lyon pour continuer à travailler. » 

1977, année de l'indépendance djiboutienne

La fin des années 70 arrive, et avec elle, l’indépendance de Djibouti. En 79, Nour prend un mois de congés pour se rendre à Djibouti, désormais indépendante. A son retour en France, il apprend que son épouse attend leur premier enfant. « Je suis donc reparti 4 mois à Djibouti pour la naissance de mon enfant. Au bout de quelques temps, mon passeport arrivant à expiration, j’ai pris rendez-vous  avec le  consul français à Djibouti. » C’est à ce moment que tout bascule. Le jour du rendez-vous, Nour est appréhendé sans raison par des agents de la police djiboutienne qui l’accuse de trahison vis-à-vis du jeune Etat indépendant.  Il n’arrivera jamais à refaire son passeport et se retrouve bloqué à Djibouti durant plusieurs années.  Mais face aux problèmes économiques croissants et à la violence que connaît le pays, il se résout à demander un passeport djiboutien qui lui permettra de rejoindre la France, en 2002.

Une nationalité française en question

A ce moment, Nour  ne se doute pas une seule seconde qu’il a perdu la nationalité française. En effet, faute d’information, ce dernier n’a jamais su qu’après l’indépendance de Djibouti, il avait une année pour demander aux autorités compétentes la confirmation d’être établi dans la nationalité française. De retour à Lyon, il retrouve un travail sans difficultés.  Malgré tout, l’homme tient à régler une bonne fois pour toute son problème de renouvellement de papiers. « En 2003, j’ai décidé de renouveler ma carte d'identité auprès des services de l’état civil de Vaulx en Velin . C’est là que j’ai appris que j’avais perdu ma nationalité française. »

Les rendez-vous à la préfecture s’enchaînent. « En 2005, une fonctionnaire de la préfecture m’a annoncé que mes papiers français n’avaient aucune valeur. Mais pourtant, je continuais à travailler, à cotiser, à être inscrit à la sécurité sociale !»


Le septuagénaire comprend alors la gravité de sa situation. Aux yeux de l’administration française, Nour n’est plus Français mais Djiboutien. Son seul recours est de demander une demande d’asile politique à l’OFPRA.  Demande refusée. Il repart à la préfecture de Lyon, fait une demande de titre de séjour. Nouveau refus. Pour obtenir gain de cause, il se paye même les services d’une avocate. « J’ai dépensé 3000 euros pour rien ! » Le couperet tombe finalement en décembre dernier.  Désormais suivi  par une avocate spécialisée, Nour vit depuis dans l’angoisse d’être contrôlé par les forces de l'ordre... mais conserve l'espoir d'un dénouement heureux. 

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Pascale Lagahe -

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Réactions des internautes

sarah
Lundi 25 Janvier 2010, 11:01
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A la lecture de cet article, je sors révoltée. Cet travaille toujours, continue de participer ç la richesse de la nation à 70 ans. C'est un exploit dans un pays où l'on se pose la question de travailler après 60 ans. De plus son père était dans l'armée française. Que signifie l'impôt du sang pour l'administration? Rien! C'est scandaleux! Ca donne vraiment envie de se battre pour la France quand on voit comment elle peux vous remercier. Elle traite ce fils d'ancien combattant comme un étranger. J'ai honte pur mon pays.

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kiara
Lundi 25 Janvier 2010, 13:34
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Notre cher Eric besson ne sait vraiment plus quoi faire pour gonfler ses statistiques!! quand on voit des histoires comme ca (et à mon avis ce monsieur ne doit pas etre le seul dans cette situation malheureusement) on en déduit facilement sa définition de l'identité nationale francaise: il ne s'agit pas d'avoir vécu plus de trente ans sur le territoire national, ni d'avoir travaillé et d'avoir fait tourner l'économie francaise bien au dela de ce que la législation demande mais en fait d'etre juste blanc et de parents francais (cf laurence boccolini qui explique que lorsue elle a demandé à renouveler sa carte d'identité, on lui a demandé d'expliquer la procédure que ces parents, d'origine italienne et décédés aujd, ont suivi pour etre naturalisés faite dans les années 50. MDR j'ai envie de dire!)
enfin toutes ces petites histoires montrent à quel point la france va mal en ce moment et surtout comment la politique du chiffre imposée par Mr le Président de la République Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, d'origine hongroise il faut le rappeler (on devrait lui demander comment ses parents ont été naturaliser lui aussi et qu'il explique bien tt dans le détail hein!) est d'une bétise absolue!!!!!
Pour en revenir à ce Monsieur, je lui souhaite beaucoup de courage et j'espère de tt mon coeur que sa situation sera régulisée au plus vite!!!

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ja-i
Mercredi 27 Janvier 2010, 16:32
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C'est une honte!

Il n'y a pas de mots pour qualifier une telle situation, tout comme il n'existe aucun qualificatif pour Mr Besson.... Un dégout générale de notre classe politique actuelle!

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