Yelebe et Kahin : "Nous retournerons en Afrique"
Mardi 18/05/2010 | Posté par Sofia Azzedine
A quoi ressemblent les jeunes de l’élite africaine ? Rêvent-ils tous d’Europe ? Comment voient-ils leur pays natal ? Début de réponse avec le portrait de Yelebe et Kahin, originaires de la corne de l’Afrique.
Je vais vous conter la merveilleuse histoire de deux étudiants nouvellement lyonnais qui viennent de fort fort lointain. Mes deux petits rayons de soleil, Yelebe et Kahin, sont respectivement originaires d'Ethiopie et de Djibouti et sont tous les deux en Science Po-Droit à l'université Lyon 3.
Ces deux élèves se sont connus sur les bancs du Lycée Français Guebre Mariam de Addis Adeba, capitale de l'Ethiopie. Un lycée créé en 1947 afin de "répandre la francophonie dans ce pays" qui n'avait alors jamais été colonisé. Grâce à un accord, les étudiants éthiopiens bénéficiaient d'avantages sur les frais de scolarité afin d'être "poussés à apprendre le français".
Kahin, originaire de Djibouti (ancienne colonie Française) n'avait pas d'autre choix que de se rendre dans cette école. Son père, diplomate, travaillait en Ethiopie et ce dernier voulait que son fils continue ses études en français à Addis Adeba. Yelebe, quant à elle, a choisi le lycée francais car celui-ci forme les "élites de la région". Trilingue (amharique, Français et anglais), la jeune fille pourrait ainsi être "embauchée facilement par des Organisations Internationales". Contrairement aux lycées nationaux qui ne bénéficient pas d'une telle popularité bien qu'ils soient peu coûteux, voire gratuits et plus facilement accessibles.
Une fois leur bac en poche, les étudiants décident de se rendre dans une contrée étrangère afin d'étudier le Droit et les Sciences Politiques. Pourquoi Sciences Po ? Tout simplement par passion. En effet, depuis leur plus jeune âge, Kahin et Yelebe ont toujours souhaité connaître le fonctionnement des États et de leur région.. Et surtout, ils désiraient plus que tout au monde, grâce aux méthodes et aux connaissances acquises ici, en France, revenir chez eux pour faire évoluer dans le bon sens leur continent et leur pays. "Et un jour, peut-être, en faire des acteurs majeurs sur la scène mondiale".
Yelebe me dit être révoltée par tous ces phénomènes sociaux et politiques dont elle est témoin chaque jour, comme le faible taux d'alphabétisation des Ethiopiennes.
Alors, pour lutter, ces deux jeunes gens ont choisi de résider dans la capitale des Gaules ( au lieu du Canada ou de Paris). « Lyon 3 a la réputation d'être la 5ème université d'Europe et cette université a la prétention d'être un des seuls établissements à allier le Droit et les Sciences Politiques dans un même cursus. », m’expliquent-ils.
A leur arrivée à Lyon, Yelebe et Kahin étaient partagés entre les bonnes et les mauvaises surprises.
La mauvaise surprise était que la société française leur paraissait beaucoup trop "pressée", "individualiste et non solidaire" alors qu'en Ethiopie, Yelebe avait plus l'habitude de vivre que de travailler.
Les bonnes surprises ? Le niveau de vie bien sûr mais aussi les services offerts et ces nouvelles technologies qui pullulent à Lyon. Kahin me fait justement remarquer "qu'un ouvrier français gagne autant qu'une personne aisée à Djibouti. Il y a aussi la merveille du système "CAFien" et de la Sécurité Sociale française."
Entre désillusions et rêves, ces jeunes Africains représentent un espoir pour la destinée de leur contrée d'origine. Avec l'enseignement lyonnais, parviendront-ils à aider l'Afrique à l'image de Ghandi qui avait étudié le droit en Angleterre avant de revenir aux Indes pour délivrer sa nation du joug britannique ? Réponse dans quelques années...
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Réactions des internautes
Jeudi 20 Mai 2010, 10:42
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Maintenant, j'espère pour Yelebe et Kahin que les prochaines années seront plus roses (moins de corruption, plus de décisions, une meilleure politique...) pour qu'ils puissent réussir à faire ce qu'ils veulent pour leur pays. Bonne chance à eux en tout cas
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